Sandra Labaronne, peintre en quête d’identités…         

Il y a des artistes qui sont plus complexes, multiples que d’autres. Sandra Labaronne fait partie de ceux-là. Par bien des aspects.

Par ses origines, pour commencer. Installée à Blois depuis plus de dix ans, celle qui est née à Buenos Aires a un père d’origine française et une mère d’origine italienne. Une richesse intrinsèque qui saute aux yeux dans chacune de ses œuvres. Sandra Labaronne semble savoir tout faire et avoir envie de tout donner à chaque fois, avec une générosité qui touche au cœur.

Techniquement métissée, elle fait preuve d’un mélange de maitrise et de passion. Sur ses toiles, elle dessine, peint, découpe, colle, grave, imprime... « Je commence avec un dessin impeccablement traité, sur du papier lisse, bien comme il faut » explique t’elle. « Je pars de techniques fragiles comme le fusain, le pastel, pour ensuite coller à un support peinture. Et dans ce collage, il y a une vraie maltraitance : le papier s’abime, les couleurs s’en vont. J’ai besoin que le dessin souffre car c’est un acte violent pour moi. Je ne sais jamais si je vais y arriver et je ne m’attends jamais au résultat final. »

Les œuvres de Sandra Labaronne sont vivantes à plus d’un titre. Multiples, encore une fois, dans leur forme comme sur le fond. Le fond tourne toujours et depuis ses débuts autour de la condition humaine. Celle qui collectionne les photos d’identité et de famille le confirme : « Le genre humain a toujours mon thème de prédilection, même étudiante. Avant, ce n’était pas conscient, juste inévitable. Les paysages, ça ne m’a jamais intéressé. Ces derniers temps, le côté « identité » s’est accentué. » Une réminiscence de cette Argentine laissée derrière elle ? Très certainement : « mon expatriation de l’Argentine vers la France a développé mon envie de travailler sur l’identité. Une fois que j’ai traversé l’océan et commencé une vie de ce côté, ça s’est encore plus imposé à moi. »

Dans sa peinture, son histoire se mêle à celle de son pays et à celle du sujet de son œuvre. « J’ai grandi dans la dictature. Ce sont des choses qui marquent. Ça a occupé presque toute ma jeunesse. Les photos des disparus montrées dans les manifestations, c’était de grandes photos d’identité. Je pense que j’ai été marquée par ça. » Petit à petit, son intérêt naturel pour le genre humain s’est mué en passion pour la notion d’identité, de migration, d’immigration. Partir d’un portrait, d’une photo d’identité retravaillée pour aller vers une réflexion sur l’ADN, les codes, Babel, nos histoires communes… Dans les œuvres de celle qui reste fan de Pablo Neruda se mêlent poésie et métaphores visuelles dans une suggestion picturale dont tout le monde peut s’emparer : « J’aime que l’interprétation puisse rester ouverte. »

Entrez donc dans l’univers de cette artiste plasticienne figurative qui aime à réinterpréter la réalité en y intégrant le réel.


Adeline Lajoinie, journaliste sensible

Sandra Labaronne, a painter searching for identities…

Some artists are more complex than others,with multiple sides. Sandra Labaronne is that kind of artist. In many way.

By its origins, first. Settled since tenyears in Blois (France), she is born in Buenos Aires (Argentina) and gets aFrench father and an Italian mother. This inner wealth is obvious in each ofher works. Sandra Labaronne seems to know how to paint everything and wants togive everything each time, with a touching generosity.

Her technic is mixed and she also shows amixture of mastery and passion when she creates: she draws, painted, cut out,glue, grave, prints ... ”I start with a perfect processed design, on smoothpaper, as it should be," she explains. "I start from fragiletechniques like charcoal, pastel, then to stick to a painting support. And inthis collage, there is a real maltreatment: the paper is damaged, the colors goaway. I need the drawing to suffer because it is a violent act for me. I neverknow if I will get there and I never expect the end result. ".


Sandra Labaronne’s works are alive, in manyways. One more time it’s “multiple”, in both form and substance. Substance hasalways been about the human condition, since she started painting. The one whocollects identity and family photos confirms: "The human race always hasbeen my favorite theme, even a student. Before, this was not conscious, justinevitable. Landscapes, it never interested me. In recent times, the "identity"side has been accentuated.” A reminiscence of this Argentina left behind? Mostdefinitely: "my expatriation from Argentina to France has developed mydesire to work on identity. Once I crossed the ocean and started a life here inFrance, it was even more impressive to me. "


Her story, that of her country and of thesubject of her work are mingled in her painting. "I grew up indictatorship. These are things that mark out. It was almost all my youth. Thephotos of the missing persons shown in the demonstrations were largephotographs of identity. I think I was marked by that.” Little by little, hernatural interest in mankind became a passion for the notion of identity,migration and immigration. Starting from a portrait, a photo of identityreworked to go to a reflection on DNA, codes, Babel, our common stories... Inthe works of the one who remains fan of Pablo Neruda are mixed poetry andvisual metaphors via a pictorial suggestion that everyone can take: "Ilike the interpretation remains open. "

Enter the universe of this figurativevisual artist who loves reinterpret reality by integrating reality intoreality.

Formation

Diplôme National Supérieur d'expression plastique (DNSEP) avec Mention
Titre : Créateur Concepteur d'expressions plastique
École Supérieur d'art de Rueil-Malmaison (92, France)

Diplôme Professeur National de Peinture.
Titre : Enseignant pour l´enseignement moyen et supérieur.
École Nationale des Beaux–Arts «Prilidiano Pueyrredón» (délivré par L'Institut Universitaire d'Art (I.U.N.A.), Buenos Aires, Argentine)

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